commentaire sur le livre « loczy ou le maternage insolite » de Myriam David et Geneviève Appell

De Nathalie H de Gaillac  (nous avons publié il y a peu de jours une citation de ce livre)

Voici 6/7 ans que mes lectures, les participations à des conférences ou des formations m’ont fait connaitre « la méthode pikler » et le concept de motricité libre, mais rien encore sur d’où vient cette méthode et qu’est ce que c’est exactement que loczy.

Et voilà que je tombe sur ce livre, c’est une réédition, il y a donc une préface supplémentaire d’un professeur en psychiatrie certainement intéressant mais dont je n’ai pas le niveau pour vraiment l’apprécier.

La suite par contre est beaucoup plus facile, celles qui ont fait une V.A.E reconnaîtront  avec plaisir ou douleur le style descriptif qui est demandé dans le livret 2. Les deux auteures Myriam David et Geneviève Appell y décrivent le fonctionnement de loczy (une pouponnière hongroise dirigé par Emmi Pikler à partir de 1946) lors de leur visite en 1971. Ce fonctionnement très rigoureux prévoit dans les moindre détails la façon dont le personnel et en particulier les « nurses » doivent travailler auprès des enfants. Avec plusieurs principes qu’ils appliquent jusque dans les moindre détails ce qui du coup donnent par moment  une sensation de malaise car certaines pratiques vont à l’encontre des gestes spontanés que nous pourrions avoir.

  • principe de motricité libre, durant les périodes d’éveil l’enfant se débrouille seul, l’adulte intervient le moins possible et dans la majorité des cas cette intervention est uniquement oral
  • limité les personnes qui ont la charge des enfants
  • les relations adultes enfants sont réservées aux temps de soins, les nurses lors des soins à l’enfant sont entièrement à l’écoute de l’enfant et de son corps.  Ces relations sont contrôlées, les nurses grâce à cette organisation apprennent à rester à leur juste place. Si les actes ou les paroles malveillants sont naturellement proscrits, les manifestations trop chaleureuses le sont aussi (câliner, faire sauter, faire rire, babiller …). C’est sur ce dernier point que quelque fois le récit m’a un peu heurté.  Mais tout ceci ayant été pensé et expliqué on peut alors comprendre leur choix et du coup se questionner soit même sur la place qu’une assistante maternelle à dans la vie des enfants. Comment nos actes et la façon dont on leur parle , dont on les tient, comment tout nos gestes peuvent être perçus par l’enfant, qu’est ce qu’il exprime.
  • cette organisation qui peut semble rigide ne l’est en fait pas , elle peut être à tout moment changé mais uniquement pour répondre à un problème posé par un enfant, problème qui aura été détecté rapidement grâce à l’observation permanente des enfants. Les décisions prises sont prises en groupe après discussions et uniquement dans l’intérêt des enfants.  C’est sur dernier point que j’ai ressenti le manque que l’on peut avoir nous qui travaillons seule de ne pas avoir une équipe avec qui partager nos observations et décider des bons choix d’organisation.

C’est une lecture que je vous conseille, vous n’y trouverait pas là de méthode, car bien évidement une pouponnière en hongrie dans les année 70, ce n’est pas tout à fait la même chose qu’une maison avec une seule assistante maternelle, mais très certainement des pistes de réflexion. Car ce qui rend intéressant se livre ce n’est pas ce qu’ils font à loczy mais pourquoi et comment sont il arrivés à décider d’une telle organisation.

Je vous souhaite une bonne lecture, et surtout de bonnes réflexions dans nos pratiques au quotidien.

 

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MOTRICITE LIBRE

Partage de N.G de Gaillac

Voici 3 dessins bien conçus, pour expliquer la motricité libre aux parents ou autre personnes interessés.

Ces petits gestes naturels que l’on fait en pensant bien faire mais qui mettent en fait les enfants dans une position d’échec.

La motricité libre, c’est laisser l’enfant évoluer par lui même, ne pas le mettre dans une position qu’il n’a pas acquis seul.
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Loczy ou Le Maternage insolite Livre de Geneviève Appell et Myriam David

Extrait du livre LOCZY  dans les années 1970. 41UWZIE3s1L._SX357_BO1,204,203,200_

Entre nurse et enfant la situation est tout autre. Ce ne sont pas les motivations personnelles de la nurse qui entre en jeu pour déterminer le pattern. Celui ci est mis en route et maintenu constant par une règle institutionnelle, une méthode de travail; il est en quelque sorte l’application d’un traitement.

Imposé aux nurses il limite leurs impulsions maternelles et les en protège. Par contre, elles apprennent, savent, comprennent la nécessité de ce traitement et y adhèrent, et c’est son application rigoureuse par chaque nurse tout au long du développement de l’enfant qui assure la constance du pattern et lui permet de devenir, tout comme l’interaction mère-enfant, un facteur d’organisation de la parentalité.

C’est probablement dans la mesure où ce pattern est dicté de l’extérieur et va souvent à contre-courant des gestes spontanés des nurses qu’il ne peut être intériorisé que progressivement et demeure fragile. Il peut être comparé à un organe artificiel qui remplace et tient lieu de motivations profondes, naturelles.

C’est pourquoi il nécessite, tout comme celui-ci, un appareillage compliqué, longuement pensé, minutieusement articulé, demandant surveillance et contrôle constants. Mais et c’est peut être là le fait essentiel, tout cet appareillage est mis en forme et en action par la tendresse profonde pour les enfants de celles qui l’ont imaginé et qui transmettent à tout le personnel ce désir devenu collectif : que ces enfants soient beaux, sains, forts, que chacun ait toutes ses chances.